Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Noël Ruffieux propose une étude théologique et historique de la relation dialectique entre iconodulie et iconophobie dans la tradition chrétienne. Adoptant une approche à la fois historique et spéculative, l'auteur parcourt quatre moments de crise de l'image — la querelle byzantine des VIIIe-IXe siècles, les mutations médiévales occidentales, l'iconoclasme de la Réforme et la peinture abstraite du XXe siècle — pour montrer que la contestation de l'icône a constamment obligé la Tradition à affiner sa propre théologie. L'idée centrale est que l'icône, loin d'être une fin en elle-même, est un chemin symbolique qui s'efface devant la Présence divine, distincte en cela de l'Eucharistie où le signe est la réalité. L'apport théologique réside dans la démonstration que l'iconophobie, paradoxalement, contribue à purifier la vénération des icônes, à en préserver la fonction médiatrice et à rappeler leur humilité fondamentale face au Prototype.
Cette réflexion part d’un constat : la vénération de l’icône, l’iconodulie, a sans cesse été accompagnée de sa contestation, l’iconophobie. L’iconophobie s’exprime sous différentes formes : l’aniconisme se passe d’images divines ou humaines dans l’expression de la foi, l’iconomachie les combat, l’iconoclasme les détruit. L’iconodulie et l’iconophobie sont donc deux modes de pensée antagonistes. Chacune anatématise l’autre. Iconodulie – iconophobie, la présence de ce couple constant dans la vie de l’Église n’est pas sans signification pour la foi des orthodoxes et suggère un thème de réflexion : la vénération de l’icône a-t-elle besoin de l’iconophobie pour échapper à la tentation de l’idolâtrie et rester ce qu’elle doit être, à savoir un chemin qui s’efface devant la Présence ?