Contacts, n° 271

N° 271 – 3e trim. 2020
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Liminaire

Alors que la pandémie de COVID-19 occupe le devant de la scène, la crise ecclésiale que nous subissons au sein de la communion orthodoxe, de manière plus tangible dans les pays dits de « Diaspora », n’en reste pas moins virulente, même si sa persistance dans le temps semble entraîner une sorte de résignation de la part des fidèles. Rien de plus pernicieux pourtant qu’une rupture puisse s’installer dans la durée, comme en témoigne le divorce entre Orient et Occident chrétien dont le scandale perdure depuis près de mille ans. Les trois études qui ouvrent ce volume sont là pour nous réveiller face aux dissensions qui déchirent à l’heure actuelle l’Église orthodoxe.

Le théologien libanais Raymond Rizk, dont la voix résonne depuis une terre lourdement éprouvée, proclame l’urgence de revenir à une vision saine des relations entre clergé et laïcs, entre Églises locales, relations de service qui doivent être fondées sur une quête commune du Christ et non sur des considérations politiques ou des prétentions de pouvoir.

La réflexion de Noël Ruffieux va dans le même sens lorsqu’il développe avec poésie l’insularité de nos Églises qui ne savent plus faire archipel, alors même qu’elles se nourrissent du terreau commun de la Tradition ecclésiale. Ouvrant des perspectives pour dépasser ces fractures, Jean-Claude Polet médite sur la façon de vivre aujourd’hui la conciliarité ecclésiale, d’une manière concrète qui soit ancrée dans la réalité de nos paroisses et de notre monde contemporain.

Les études suivantes interrogent chacune à leur manière cette actualité de la foi. Le pédopsychiatre Rares Ionascu pose les jalons d’une éducation qui permette l’éclosion d’une foi libre et dont l’objectif est d’accompagner l’enfant dans son devenir de personne sous le regard de Dieu.

C’est aussi dans une volonté de dialogue affirmé avec le monde contemporain que se situe l’étude fouillée d’Eugène Khvalkov sur la place des animaux dans le plan du salut. L’universitaire russe développe la vision de saint Basile le Grand sur la question en montrant sa cohérence avec les connaissances scientifiques actuelles sur l’apparition de la vie et la spécificité animale.

Enfin la réflexion du théologien américain Aristote Papanikolaou utilise également la pensée patristique, en particulier saint Maxime le Confesseur, pour s’attaquer à une question délicate et actuelle à plus d’un titre : la place de la relation sexuelle entre deux personnes qui ont choisi d’avancer ensemble sur le chemin de la déification. Il brosse ainsi une éthique de la sexualité fondée sur la nature même de l’humain, une nature dynamique qui se caractérise avant tout par sa finalité d’union à Dieu. Éducation, science, sexualité, autant de domaines dans lesquels l’Église, plutôt que de se morceler en mesquines querelles, est appelée à remplir sa vraie mission : proclamer la joie du Royaume à nos contemporains en quête de sens.

Sommaire

Liminaire
[p. 293-294]

Sommes-nous devant une Église brisée ?
Raymond Rizk
[p. 295-310] télécharger en pdf

La tunique, le linceul et nos îles
Noël Ruffieux
[p. 311-321] télécharger en pdf

Retour naïf aux émergences natives de la conciliarité chrétienne
Jean-Claude Polet
[p. 322-327] télécharger en pdf

Une éducation qui enferme ou qui libère ?
Rares Ionascu
[p. 328-345] télécharger en pdf

L’avenir des animaux dans une perspective eschatologique d’après l’Hexaéméron de saint Basile le Grand
Eugène A. Khvalkov
[p. 346-361] télécharger en pdf

« Morale orthodoxe » sur le sexe ou éthique du sexe ?
Aristote Papanikolaou
[p. 362-371] télécharger en pdf

Chronique
[p. 372-378]

Bibliographie
[p. 379-383]

Fin
[p. 384]