COVID-19 et dualisme prétendument chrétien

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article examine les réactions théologiques suscitées par la pandémie de COVID-19 au sein de certains milieux chrétiens orthodoxes, notamment les positions affirmant l'impossibilité de toute contamination lors de la communion eucharistique. Rédigé en mars 2020 sous la forme d'une mise au point théologique, le texte du père Cyril Hovorun analyse les présupposés doctrinaux qui sous-tendent ces affirmations. L'idée centrale est que de telles positions relèvent d'un dualisme implicite incompatible avec la théologie chrétienne authentique : en séparant radicalement le spirituel du matériel, elles méconnaissent le réalisme de l'Incarnation et la nature sacramentelle de la matière. L'apport de l'article est de montrer que la défense d'une vision quasi-magique des Saints Dons, loin de protéger l'orthodoxie, introduit une déviation dualiste que la tradition théologique chrétienne a précisément cherché à surmonter.

Dans cette brève réflexion, je tente d'expliquer ce qui sous-tend la croyance largement répandue selon laquelle le coronavirus ne peut pas être transmis par la communion des Saints Dons.Une telle croyance repose sur l'hypothèse que le Corps et le Sang du Christ constituent un bien absolu, tandis que le virus est une infection maléfique. Le bien ne peut donc pas transmettre le mal.Cependant, le virus n'est une infection que pour nous, et pas même pour nous tous, car la plupart des gens s'en remettront sans même s'en apercevoir. En soi, ce virus, comme tout micro ou macro-organisme, fait partie de la création de Dieu. En tant que réalité physique et faisant partie de la nature, le virus est donc ontologiquement « bon », comme toute créature (voir Gn 1,21). …

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