Nicolas Lossky, orthodoxe de la liberté
« Et vous, comment comptez-vous ou, plutôt, espérez-vous servir l'Église ? », me dit-il, nous servant un whisky et poussant devant moi une petite boîte de cigarillos. Dehors, il neige sur cette banlieue de New York où, en coin d'un bois encore sauvage, s'étend Saint-Vladimir's Seminary. L'hiver est rude en cet hiver 1987. Le brillant professeur vient juste de nous arriver de Paris où il occupe de hautes fonctions universitaires et il a voulu rencontrer sans tarder le seul de ses compatriotes étudiant dans cette institution du Nouveau Monde. Veste de tweed, foulard, chevalière, il applique la même élégance à sa mise qu'à ses manières, d'une vraie courtoisie empreinte d'affection non feinte. Français châtié, anglais parfait, so british, culture encyclopédique : c'est un scholar, un « savant », de qualité internationale. Il pourrait être en train d'enseigner à Oxford, son alma mater, ou à Harvard, Yale, Princeton. …