Autocéphalie, interrogations d'un catholique romain
L'apparition des autocéphalies est un phénomène multiple et complexe, comme John Erickson l'a bien montré dans plusieurs de ses études. Quoi qu'il en soit de cette complexité, la dimension nationale, voire nationaliste, y joue souvent un rôle, surtout à l'époque moderne et contemporaine.
À tort ou à raison, c'est cet aspect qui frappe l'observateur extérieur, surtout, comme je viens de l'indiquer, dans les revendications les plus récentes d'autocéphalie. Je pense, par exemple, aux Églises des Balkans, notamment à l'Église orthodoxe de Macédoine (suite à l'indépendance de ce pays par rapport à l'ex-Yougoslavie), ou, dans le monde orthodoxe oriental, à l'obtention de l'autocéphalie par l'Église orthodoxe érythréenne (suite à l'indépendance de l'Érythrée par rapport à l'Éthiopie). En revanche, l'Église de Tchéquie et de Slovaquie, restée une après la partition de la Tchécoslovaquie, est, dans le monde orthodoxe byzantin, un beau (et rare) contre-exemple de cette tendance.