Autocéphalie, interrogations d'un catholique romain

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article propose une réflexion théologique sur le phénomène de l'autocéphalie ecclésiale dans l'orthodoxie, conduite depuis une perspective catholique romaine. L'auteur adopte une démarche d'interrogation critique, en s'appuyant principalement sur l'ecclésiologie de Vatican II. L'idée centrale est que la catégorie de « nation », souvent invoquée pour justifier une autocéphalie, ne possède pas de pertinence ecclésiologique au sens strict : seules les catégories d'Église locale et d'Église entière sont théologiquement fondatrices. L'auteur montre que l'identification d'une Église autocéphale à une nation politiquement indépendante risque de dégénérer en nationalisme ecclésial, menaçant la catholicité constitutive de toute Église. L'apport de l'article réside dans la mise en dialogue de l'ecclésiologie catholique de la communion des Églises avec les structures orthodoxes d'autocéphalie, en soulevant des questions précises sur les liens visibles de communion inter-ecclésiale et sur l'exercice effectif des fonctions primatiales et synodales.

L'apparition des autocéphalies est un phénomène multiple et complexe, comme John Erickson l'a bien montré dans plusieurs de ses études. Quoi qu'il en soit de cette complexité, la dimension nationale, voire nationaliste, y joue souvent un rôle, surtout à l'époque moderne et contemporaine.

À tort ou à raison, c'est cet aspect qui frappe l'observateur extérieur, surtout, comme je viens de l'indiquer, dans les revendications les plus récentes d'autocéphalie. Je pense, par exemple, aux Églises des Balkans, notamment à l'Église orthodoxe de Macédoine (suite à l'indépendance de ce pays par rapport à l'ex-Yougoslavie), ou, dans le monde orthodoxe oriental, à l'obtention de l'autocéphalie par l'Église orthodoxe érythréenne (suite à l'indépendance de l'Érythrée par rapport à l'Éthiopie). En revanche, l'Église de Tchéquie et de Slovaquie, restée une après la partition de la Tchécoslovaquie, est, dans le monde orthodoxe byzantin, un beau (et rare) contre-exemple de cette tendance.

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