Ne nous séparons pas de nos frères en détresse

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article reproduit la communication prononcée par le métropolite Stéphane d'Estonie lors du VIe Congrès mondial pour la pastorale des migrants et des réfugiés, tenu à Rome en novembre 2009. Adoptant une approche à la fois biblique et pastorale, l'auteur examine la figure de l'étranger dans les Écritures et sa signification pour l'Église contemporaine. L'idée centrale est que l'étranger — réfugié ou migrant — incarne le Christ lui-même, selon la parole évangélique du Jugement dernier, et que l'accueil ou le rejet de l'étranger engage la destinée éternelle du croyant. L'apport théologique de l'article réside dans l'ancrage trinitaire de cette éthique de l'hospitalité : créé à l'image de la Trinité, l'homme ne peut s'accomplir que dans la relation à l'autre. L'auteur articule ainsi impératif évangélique et responsabilité ecclésiale, en distinguant clairement engagement de foi et simple humanisme philosophique ou politique.

Dans notre civilisation sécularisée où chacun a tendance à vivre isolé, dans le but sans doute de se protéger de toutes les insécurités ambiantes, il est bien évident que l'étranger ne peut devenir que l'objet d'une méfiance particulière. Et même lorsqu'il n'est pas rejeté avec hostilité, il se heurte à une froide indifférence qui risque de le marginaliser par rapport à une société qui lui reste fermée.

Pourtant, l'étranger, qu'il soit un réfugié ou un migrant, est la figure par excellence de l'homme biblique, de l'enfant d'Israël mais aussi, ce que nous oublions très volontiers, du chrétien en route vers le Royaume. L'apôtre Pierre ne dit rien d'autre lorsqu'il écrit :

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