Présence et culte du chef du Baptiste en Orient jusqu'en 1204

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Michel Stavrou retrace l'histoire des inventions et translations du chef de saint Jean-Baptiste en Orient, depuis les premières mentions patristiques jusqu'à la prise de Constantinople par les croisés en 1204. Adoptant une approche d'histoire critique des sources, l'auteur examine successivement trois récits d'invention de la relique : celui de Sozomène au IVe siècle, celui du moine Marcel à Emèse au Ve siècle, et celui lié au patriarche Ignace de Constantinople au IXe siècle. L'étude analyse la fiabilité de chaque témoignage à la lumière des sources byzantines, syriaques et latines, en confrontant chroniques, synaxaires et récits hagiographiques. L'apport principal réside dans la démonstration qu'aucune certitude scientifique ne permet d'établir l'identité continue de la relique entre Emèse et Amiens, tout en montrant que cette hypothèse n'est nullement contredite par les textes disponibles.

L'histoire des découvertes du chef de saint Jean-Baptiste est très obscure et complexe à retracer pour l'historien. La question a été étudiée pour la première fois dans le détail par le grand historien amiénois Charles Du Cange dans son Traité historique du chef de saint Jean Baptiste édité à Paris en 1665, aujourd'hui difficile d'accès. Il s'agit cependant d'un travail apologétique que l'auteur a dédié à l'évêque d'Amiens. Aussi, malgré ses qualités d'érudition, l'ouvrage doit-il être utilisé avec prudence.Nous commencerons par un bref retour aux sources historiques qui évoquent la mort du saint Précurseur. Les évangiles ne sont pas diserts sur ce qu'il advint des restes du Baptiste après son exécution. Marc nous dit qu'aussitôt après l'exécution de saint Jean-Baptiste ordonnée par Hérode Antipas à la demande de Salomé et d'Hérodiade, ses disciples vinrent enlever son corps et le déposer dans un tombeau (μνημεῖον) (Mc 6,29). …

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