Le père Yves Congar et l'orthodoxie russe

un dialogue de vérité
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du père Hyacinthe Destivelle retrace l'histoire du dialogue qu'Yves Congar (1904-1995) a mené avec l'orthodoxie russe, depuis ses premières fréquentations des milieux de l'émigration russe et de l'unionisme catholique dans les années 1930 jusqu'à ses travaux postconciliaires. L'étude, à la fois historique et théologique, montre que ce dialogue s'est structuré en trois étapes, incarnées par trois penseurs russes : Khomiakov, qui nourrit la réflexion congarienne sur l'unité de l'Église et la sobornost' ; Soloviev, qui inspire la notion d'unipluralité ecclésiale ; Bolotov, dont la distinction entre dogmes et theologoumena fournit des outils herméneutiques pour penser la diversité dans l'unité. L'apport principal de l'article est de montrer que ce dialogue, fondé sur l'expérience directe autant que sur l'érudition, a contribué de manière décisive au renouveau ecclésiologique catholique, notamment à l'élaboration du concept de collégialité au concile Vatican II.

Le dialogue du père Yves Congar avec l'orthodoxie pourrait sembler exotique au regard de celui qu'il a mené avec le monde protestant. Sa rencontre décisive, et depuis l'enfance, n'est-elle pas celle de l'Allemagne, de la science allemande, de Luther ? En outre, le passage de l'unionisme à l'œcuménisme, dont le père Congar fut l'acteur privilégié, n'est-il pas caractérisé, justement, par la sortie du face à face avec l'Orient, et notamment du « mirage russe », au profit d'une perspective plus globale d'unité des chrétiens ?

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