Le témoignage de la Philocalie et les nouvelles spiritualités

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Daniel Vigne, issu d'une conférence donnée à l'Institut catholique de Toulouse en 1997, examine la pertinence de la *Philocalie* — anthologie de la spiritualité byzantine du IVe au XVe siècle, traduite intégralement en français en 1995 — face aux questions soulevées par les « nouvelles spiritualités » et le mouvement New Age. Adoptant une démarche comparative et pastorale, l'auteur analyse les points de convergence et de divergence entre la tradition hésychaste et les recherches spirituelles contemporaines selon trois axes : la relation à soi-même, la relation à Dieu et la relation aux autres. L'article montre que la *Philocalie* offre des ressources théologiques originales — le *penthos*, la prière du cœur, la théologie des énergies divines de Palamas, la dignité du corps — susceptibles d'éclairer et de discerner les quêtes spirituelles actuelles, tout en affirmant la spécificité irréductible de l'expérience chrétienne face aux gnoses contemporaines.

La traduction française complète de la Philocalie, récemment publiée par les éditions DDB-Lattès (1995), a été saluée comme un véritable événement éditorial. Cette « somme » spirituelle, véritable Bible de la spiritualité byzantine, était presque inconnue du public français jusqu'à une époque récente. Un premier choix de textes avait été publié en 1953 par Jean Gouillard, sous le titre Petite Philocalie de la prière du cœur. Mais il faut attendre 1979 pour que soit mise en œuvre une traduction complète du recueil, aux éditions de l'Abbaye cistercienne de Bellefontaine, dans la collection Spiritualité orientale. La traduction ne dura pas moins de douze ans. Dirigée par le p. Boris Bobrinskoy, de l'Institut Saint-Serge, elle compte onze fascicules, publiés de 1979 à 1991. C'est cet immense travail qui se trouve désormais rassemblé en deux volumes, enrichi d'une substantielle introduction d'Olivier Clément, et suivi d'une postface du traducteur Jacques Touraille.

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