Lettres inédites du p. Lev Gillet à son évêque
Vers la rupture
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article publie deux lettres inédites du père Lev Gillet (1893-1980), adressées en 1928 à son évêque grec-catholique, et introduites par Elisabeth Behr-Sigel. Ces documents épistolaires éclairent de manière directe et personnelle le processus intellectuel et spirituel qui conduisit Gillet à quitter l'Église catholique romaine pour rejoindre l'Église orthodoxe. L'approche est celle d'une édition de sources primaires à valeur testimoniale. L'idée centrale est que ce passage ne résulte pas d'un rejet émotionnel, mais d'une conviction ecclésiologique mûrement argumentée : Gillet conteste la légitimité historique et théologique de la papauté telle que définie par le concile du Vatican, et reconnaît dans l'orthodoxie la continuité authentique de l'Église ancienne. L'apport de ces lettres est double : elles documentent un moment charnière de la réception de l'orthodoxie en Occident et illustrent la problématique de l'unité ecclésiale au début du XXe siècle.
Villa Cleret, rue des roses, escalier du Prophète, chemin de la Corniche, Marseille (Bouches-du Rhône), 2 avril 1928.
Père vénéré et très aimé,
Je résumerai dès l'abord et en une formule brutale tout ce qui va suivre : les raisons pour lesquelles un chrétien qui admet la doctrine des Apôtres, des Pères, et les Conciles de l'ancienne Eglise indivise, doit adhérer à l'Eglise Catholique Romaine (je range aussi sous ce vocable les Eglises uniates) plutôt qu'à l'Eglise Catholique d'Orient (dite « Orthodoxe »), — ces raisons cessent de me paraître certaines.
La suite de cet article est réservée aux abonnés de la revue Contacts.
S'abonner pour lire la suite
Abonnement numérique · Accès immédiat à la bibliothèque Contacts
