Etre orthodoxe aujourd'hui

Interview de Horia-Roman Patapievici
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article est un entretien accordĂ© par Horia-Roman Patapievici, intellectuel roumain, Ă  Costion Nicolesco en janvier 1996. Il adopte la forme d'un dialogue critique sur la situation de l'Église orthodoxe roumaine au lendemain du communisme. L'idĂ©e centrale est la distinction entre l'Église institutionnelle — la B.O.R. —, perçue comme une structure profane peuplĂ©e de fonctionnaires clĂ©ricaux coupĂ©s de la rĂ©alitĂ© spirituelle, et l'Église vivante, communautĂ© de croyants porteurs d'une tradition authentique. Patapievici rĂ©cuse une dĂ©finition arithmĂ©tique de la foi rĂ©duite Ă  des pratiques extĂ©rieures et dĂ©fend une conception de l'Orthodoxie comme mode d'ĂȘtre intĂ©rieur, expĂ©rience vĂ©cue dans l'Esprit plutĂŽt que conformitĂ© juridique. L'apport de cet entretien rĂ©side dans le regard lucide et exigeant d'un laĂŻc cultivĂ© sur les tensions entre institution ecclĂ©siale, intellectualitĂ© moderne et vie spirituelle authentique en Roumanie postcommuniste.

(Interview d'un intellectuel roumain)Costion Nicolesco : AprĂšs l'interview accordĂ©e, il n'y a pas si longtemps, par M. Andrei Plesu, un moine, apprĂ©ciĂ© par ailleurs dans les milieux intellectuels, m'a reprochĂ© d'avoir Ă©vitĂ© les questions directes concernant les caractĂ©ristiques de l'existence du chrĂ©tien : frĂ©quenter l'Ă©glise, se confesser, communier, etc. Croyez-vous qu'une pareille question puisse et doive ĂȘtre formulĂ©e ou relĂšve-t-elle davantage de l'intimitĂ© spirituelle de chacun ? Vous mĂȘme, qu'en diriez-vous ?_Horia-Roman Patapievici :__Je pense que la visĂ©e mĂȘme de cette question est erronĂ©e, car elle relĂšve plutĂŽt d'une orientation idĂ©ologique. Une pareille visĂ©e prĂ©suppose en effet : vous ĂȘtes chrĂ©tien si vous remplissez les obligations_a, b, c, d,... etc. On est devant une arithmĂ©tique des vertus sans lien entre elles, et qui nous est prĂ©sentĂ©e comme une rĂšgle de dĂ©finition aux intentions pour le moins douteuses. C'est une question typique de la vulgate du « bon roumain » 


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