Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article d'Olivier Clément, rédigé à l'occasion du 600e anniversaire de la mort de saint Serge de Radonège (vers 1314-1392), propose une étude historique et spirituelle de cette figure centrale du monachisme russe médiéval. S'appuyant sur la Vie rédigée par Épiphane le Sage et sur le contexte du renouveau hésychaste byzantin, Clément montre comment Serge a incarné, dans le cadre russe, la synthèse entre vie cénobitique et solitude intérieure, entre prière contemplative et charité active. L'article retrace l'influence de l'hésychasme palamite sur la Russie du XIVe siècle, la fondation de la laure de la Trinité et le rayonnement monastique qui s'ensuivit. Son apport réside dans l'articulation entre la théologie trinitaire et palamite et la spiritualité concrète de Serge, ainsi que dans l'analyse des tensions ultérieures entre possesseurs et non-possesseurs, dont Serge demeure la référence commune.
Dans la seconde moitié du XIVᵉ siècle, l'influence byzantine ne cesse de grandir en Russie. Une fois encore, c'est la Bulgarie qui sert d'intermédiaire entre la pensée grecque et les terres slaves. L'hésychasme se propage à partir du « désert » de Paroria où s'était fixé à la fin de sa vie saint Grégoire le Sinaïte. Le patriarche de Bulgarie Euthyme et Cyprien Tsamblak, un Bulgare hellénisé devenu métropolite de Kiev et qui gouverna l'Église russe de 1381 à 1382 et de 1390 à 1406, tous deux appartenant à la lignée spirituelle de s. Grégoire le Sinaïte, jouèrent un rôle essentiel dans cette expansion vers le Nord du renouveau hésychaste. Ils mettent à jour en s'inspirant des récentes réformes grecques les livres liturgiques slaves et introduisent en Bulgarie puis en Russie le nouveau texte du Synodikon. …