L'Ancien et le Nouveau Testament dans la conscience religieuse de Léon Tolstoï

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article présente la traduction française, longtemps inédite, d'une étude de Nicolas Berdiaev publiée à Moscou en 1912, consacrée à la conscience religieuse de Léon Tolstoï. Procédant par une analyse critique rigoureuse, Berdiaev montre que la pensée religieuse de Tolstoï, malgré ses apparences chrétiennes, demeure entièrement vétérotestamentaire : religion de la loi, de l'auto-salut et du commandement moral, elle ignore la grâce, récuse la rédemption et méconnaît la personne du Christ. Tolstoï, penseur du Père sans le Fils, rationaliste naturaliste proche du panthéisme et du bouddhisme, ne perçoit ni le mystère du mal ni celui de la liberté. L'apport théologique de l'étude est double : elle dégage avec précision la spécificité irréductible du christianisme face à tout moralisme réducteur, et elle situe paradoxalement Tolstoï comme critique providentiel d'un christianisme historique hypocrite, précurseur involontaire d'une renaissance religieuse authentique.

On a déjà beaucoup écrit sur Léon Tolstoï, on a même trop écrit. Vouloir dire sur lui quelque chose de nouveau peut sembler prétentieux. Et cependant, il faut admettre que la conscience religieuse de Léon Tolstoï n'a pas été étudiée assez profondément, n'a pas été appréciée sur le fond (...)

Tout d'abord, il faut dire de Léon Tolstoï qu'il est un artiste génial et une personnalité géniale, mais qu'en tant que penseur religieux, il ne l'est pas. Un élément religieux agité le remplissait, mais restait sans parole. Des expériences religieuses géniales, et des pensées religieuses sans talent, souvent banales ! (...)

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