Le problème oecuménique à la lumière de l'expérience antiochienne

2 juin, à l'Institut Catholique
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article réunit deux textes prononcés à Paris en juin 1983 par le patriarche Ignace IV d'Antioche : une conférence à l'Institut Catholique et une allocution à Notre-Dame. Relevant à la fois du témoignage historique et de la réflexion ecclésiologique, ces textes exposent la position œcuménique du Patriarcat grec-orthodoxe d'Antioche. Le patriarche retrace le génie propre de cette Église — pluralité culturelle, spiritualité apophatique, enracinement sémitique — avant d'analyser les déchirements successifs qui ont produit cinq branches antiochiennes distinctes. Il plaide ensuite pour une convergence créatrice fondée sur la communion dans la charité, la recherche d'une unité de foi distinguant le kérygme des développements doctrinaux postérieurs, et l'affirmation d'une Église des Arabes capable de témoigner au cœur de l'Islam contemporain. L'apport théologique réside dans une ecclésiologie de communion locale présentée comme voie concrète vers la réconciliation œcuménique, en amont de toute solution universelle.

De plus en plus, théologiens et historiens de l'Eglise pensent que la division la plus grave, dans la destinée du christianisme, est celle qui, peu à peu, du 11ᵉ au 13ᵉ siècles, a séparé l'Occident et l'Orient. En particulier, c'est cette division qui, pour avoir quelque peu occulté, dans le monde latin, la dimension pneumatologique de l'Eglise, expliquerait les schismes du 16ᵉ siècle. D'où la nécessité où nous sommes de guérir cette blessure décisive pour mettre en quelque sorte les communautés chrétiennes en état de «réintégration en chaîne», afin que l'Eglise recomposée puisse porter, au cœur du nihilisme contemporain, le témoignage de la résurrection et d'abord de sa propre résurrection ! Pour dire ce «il n'y a pas de néant», dont Malraux, génie habité d'angoisse, attendait qu'un prophète osât enfin le proclamer: et nous savons bien que ce ne sera pas un prophète, mais l'Eglise toute entière prophétique.

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