Quelle spiritualité pour de jeunes laïcs à la fin du XXe siècle
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article est la transcription d'une conférence du père Cyrille Argenti, prononcée comme conclusion d'une rencontre destinée à de jeunes laïcs orthodoxes à la fin du XXe siècle. L'auteur y aborde la question de la spiritualité chrétienne dans le contexte d'une société sécularisée et consumériste. Sa thèse centrale est que la spiritualité orthodoxe ne désigne pas un compartiment supérieur de la vie humaine, mais l'action transformatrice du Saint-Esprit sur la personne tout entière. S'appuyant sur l'Écriture et la tradition patristique, l'auteur articule vie intérieure, engagement pour la justice et participation à la liturgie eucharistique. Il montre que la rencontre personnelle avec le Christ, l'ascèse comme renoncement aux convoitises et l'épiclèse communautaire constituent les piliers d'une spiritualité à la fois contemplative et engagée dans le monde. L'apport théologique réside dans la mise en relation de la vie spirituelle individuelle avec la dimension ecclésiale et eschatologique du Royaume de Dieu.
La «spiritualité», étymologiquement, signifie l'activité de l'esprit. Pour un disciple de Jésus-Christ ce mot n'a cependant pas le même sens que pour les adeptes des diverses «religions» et systèmes philosophiques ou moraux. La «spiritualité», pour un chrétien, se réfère en effet non point tant à l'activité de l'esprit de l'homme qu'à celle du Saint-Esprit de Dieu: elle ne constitue donc pas un aspect particulier de la vie, comme le ferait par exemple «l'intellectualité», ou «l'affectivité» ou la «sexualité»: il n'y a pas pour un chrétien un domaine propre de l'Esprit, comme il pourrait y avoir un domaine propre à l'intellect, au sentiment ou au sexe; un compartiment supérieur de la vie humaine qui se superposerait à des étages inférieurs. …
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