La théologie eucharistique de s. Grégoire de Nysse
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article examine la théologie eucharistique de Grégoire de Nysse, principalement à partir du chapitre 37 de son *Discours catéchétique*. L'étude adopte une approche historico-doctrinale, situant la pensée nyssienne dans la tradition patristique antérieure à Ambroise de Milan et en dialogue critique avec les controverses eucharistiques occidentales. L'idée centrale est que Grégoire établit un lien substantiel entre le corps humain, la nourriture et le Corps du Christ : le pain étant « corps en puissance », la conversion eucharistique prolonge naturellement l'action créatrice et incarnatrice du Verbe, sans rupture dans l'ordre de la création. L'apport théologique de l'article réside dans la mise en évidence d'une triple identification — corps historique, corps cosmique et corps ecclésial du Christ — qui offre une intelligence du mystère eucharistique distincte de la conception occidentale de la transsubstantiation, perçue comme acte miraculeux isolé.
La difficulté qu'a eue l'Occident à s'en tenir à la doctrine de la conversion eucharistique, difficulté qui s'est exprimée dans l'enseignement de Ratramne de Corbie et de Béranger d'abord, de Wyclif et des docteurs protestants ensuite et aussi partiellement dans l'anglicanisme, tient à notre avis au fait que la théologie occidentale à partir de s. Ambroise voit dans la conversion eucharistique une action miraculeuse qui transforme les éléments du pain et du vin en Corps et Sang du Christ par la vertu des paroles d'institution. Nous sommes en présence d'un acte presque magique, difficile à admettre par la raison humaine. Dans cette perspective n'est pris en considération que le corps historique du Christ, son humanité corporelle, et un peu trop oublié son Corps ecclésial, cosmique, constitué par les communiants à son Corps et à son Sang dans l'Eucharistie.
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