Le vaste mouvement de pensĂ©e que la prĂ©paration du concile a suscitĂ© parmi les catholiques n’a guĂšre fait â il faut bien le reconnaĂźtre â qu’effleurer le problĂšme des rapports entre l’Eglise romaine et l’Eglise orthodoxe. Celle-ci reste presque inconnue, sinon dans son ecclĂ©siologie, du moins dans les requĂȘtes proprement dogmatiques qui, depuis le moyen-Ăąge, sont les siennes Ă l’endroit des catholiques-romains.
C’est pourquoi notre tĂąche, si partielle et petite qu’elle soit, reste indispensable. Dans ce numĂ©ro, on trouvera la fin de l’Ă©tude de Vl. Lossky sur les startsi d’Optino: le starets Ambroise, qui joignait Ă ses charismes une haute culture d’EuropĂ©en moderne, est un tĂ©moin privilĂ©giĂ©, tout prĂšs de nous, d’une Orthodoxie devenant plus consciente de son message par sa rencontre avec l’intelligence occidentale. Aujourd’hui plus que jamais notre Eglise a besoin de cette intelligence, comme cette intelligence, lumiĂšre exigeante mais vide, a besoin de la lumiĂšre vivifiante du Thabor.
Quelques pages de spiritualitĂ© situent sobrement le thĂšme de l’identification qui, pour un orthodoxe, ne peut ĂȘtre substitution mais communion confiante en Christ, le seul SubstituĂ©.
ParticuliĂšrement importante nous semble l’Ă©tude de J.J. von Allmen sur le culte et l’Ă©piclĂšse. Le pasteur von Allmen est professeur Ă la facultĂ© de thĂ©ologie de NeuchĂątel. C’est un de ces vrais amis de l’Orthodoxie pour qui le dialogue ĆcumĂ©nique, vĂ©cu comme une recherche de la plĂ©nitude, est nĂ©cessairement « triangulaire ».
Par le biais du culte, J.J. von Allmen pose le problĂšme de la pneumatologie, qui constitue justement l’une des requĂȘtes fondamentales de l’Orthodoxie Ă l’Ă©gard des confessions occidentales, et surtout de Rome. La rĂ©gression de l’Ă©piclĂšse eucharistique en Occident, l’absurditĂ©, dans une perspective filioquiste, d’une Ă©piclĂšse placĂ©e aprĂšs les paroles d’institution sont des rĂ©alitĂ©s qui appellent une rĂ©flexion thĂ©ologique approfondie.
Enfin « Contacts » inaugure, avec ce numĂ©ro, une tribune libre oĂč les problĂšmes les plus brĂ»lants pourront ĂȘtre envisagĂ©s de la maniĂšre la plus stimulante â et, pourquoi pas, la plus impertinente â, sans que la rĂ©daction soit engagĂ©e. Inutile de prĂ©ciser que nos lecteurs et nos amis sont appelĂ©s Ă participer Ă cet effort de rĂ©veil et de dialogue.
