Un concile inachevé
« Nul n'est une île en soi suffisante Tout homme est une parcelle de continent, une partie du tout. »
Il y a soixante ans, j'ai découvert ces vers du poète anglais John Donne, au début d'un beau livre de Thomas Merton. Pourquoi me viennent-ils spontanément à l'esprit au moment où je tente de faire un bilan du Concile orthodoxe de Crète ?
La Crète n'est pas, comme l'Utopia de Thomas More, une île virtuelle, platonique entre terre et ciel, entre histoire et éternité. La Crète se repère parmi la multitude d'îles qui peuplent la Méditerranée et forment le Mare nostrum. Est-elle devenue, à la Pentecôte 2016, l'Eutopia, lieu béni où Églises et croyants trouveraient leur unité ? Le Concile orthodoxe, réfugié insulaire au lieu de plonger dans la mégapole stambouliote, n'a pas pour autant coupé ses amarres avec le continent et le monde.