Le temps de la grâce
« Dis-leur que je suis sympathique ! » Voici comment le père Boris a cru bon de résumer son travail de toute une vie le jour où, me voyant chargé de le présenter en introduction à une de ses conférences, je me suis enquis auprès de lui de ce qui, à travers toute son œuvre de pasteur et de théologien, était le plus important à ses yeux. Il l'a épéé pour moi sur un ton badin, bien en français ; mais, loin d'être dupe, je savais pertinemment qu'il ne pouvait parler que grec. Cette petite conversation pleine d'entrain, comme l'étaient pratiquement tous nos échanges, a eu lieu voici une bonne quinzaine d'années, peu après qu'il a quitté les deux besognes menées de front à la Crypte et à Saint-Serge avec lesquelles sa vie s'était confondue pour se retirer dans sa maison de campagne auprès d'un certain monastère en Bourgogne. …