Ce numéro s’ouvre sur deux homélies : l’une du Patriarche Ignace IV d’Antioche, qu’il a prononcée pour la fête de l’Exaltation de la Croix lors de son voyage en Allemagne, en septembre dernier ; et l’on remarquera combien l’orthodoxie déchiffre, à travers la Croix, le mystère de la Résurrection ; l’autre homélie est du père Boris, doyen de l’Institut Saint-Serge, elle éclaire l’Evangile par l’ Evangile et jette ainsi une lumière inattendue sur la parabole du Mauvais Riche et du pauvre Lazare; cette homélie s’intègra dans la célébration eucharistique qui constitua le point culminant du congrès de la Fraternité orthodoxe en novembre 1996.
Suit un texte d’actualité: un récent communiqué du synode de l’Eglise russe qui fait le point des relations entre Rome et Moscou. Rédigé avec précision et modération, ce texte montre que le Patriarcat russe est loin de s’abandonner à l’anti-œcuménisme qui sévit actuellement dans bien des milieux orthodoxes.
Le reste de la livraison, si l’on met à part la bibliographie, est consacré aux deux thèmes conjoints de l’icône et de la beauté. Vient d’abord une « fiche catéchétique » sur la notion même d’icône, fiche qui n’apprendra rien aux spécialistes mais sera peut-être utile à tous ceux qui portent à cet art théologique et liturgique un engouement parfois mal éclairé, suivent les études de deux spécialistes, Mahmoud Zibawi, connu pour ses ouvrages sur L’icône, sens et histoire et Orients chrétiens 1 et Anca Vasiliu qui vient de publier un ample traité consacré au Diaphane 2. Le premier étudie la représentation de la Passion du Christ dans l’Orient chrétien, où l’accent, mis d’abord sur le divin se déplace vers l’humain sans que jamais l’un se sépare de l’autre; la seconde analyse certains thèmes des fresques moldaves, œuvres du XVIème siècle, où s’affirme la capacité d’innovation d’une Tradition qui, pour autant, n’en est que plus fidèle. Enfin Olivier Clément propose quelques réflexions pour un « théologie de la beauté ».
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