Église, nation et « diaspora » :

une approche théologique

En 1872, le Concile panorthodoxe réuni à Constantinople (sans la participation du Patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem et de l'Église russe qui étaient absents) condamna l'ethno-phylétisme (ou tribalisme ecclésial) et le qualifia d'hérésie déformant la foi chrétienne authentique et la tradition orthodoxe. La raison de cette condamnation conciliaire était la création, sur le territoire canonique du Patriarcat œcuménique de Constantinople, d'un exarchat bulgare séparé, selon le seul critère ethnique, justifiant donc théologiquement une tendance qui couvait déjà dans l'orthodoxie. Mais alors que la condamnation conciliaire était censée contrer l'expansion de l'ethno-phylétisme chez les orthodoxes, elle fut suivie de l'effet inverse, c'est-à-dire l'émergence et la multiplication d'Églises autocéphales nationales (à la suite des demandes persistantes des États respectifs), et cette fois avec l'approbation forcée et la reconnaissance officielle du Patriarcat œcuménique.

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