Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Victor Alexandrov examine l'héritage du Concile de Moscou de 1917-1918, en se concentrant sur la pratique de l'élection des évêques telle qu'elle fut reçue et codifiée dans les statuts de l'Archevêché des Églises russes en Europe occidentale. Procédant par analyse juridique et canonique comparative, l'auteur confronte les statuts de 1966 et ceux de 1999 aux décrets conciliaires originaux. Il montre que si les deux textes s'inscrivent dans la continuité du Concile en articulant les principes de conciliarité et de hiérarchie, les statuts de 1999 introduisent des glissements terminologiques notables, notamment autour de la notion d'« élection canonique », qui tendent à minorer la portée canonique du vote de l'Église locale. L'article souligne ainsi la viabilité historique de cet héritage conciliaire tout en mettant en évidence sa fragilité institutionnelle, dans un contexte orthodoxe mondial qui en ignore largement les acquis.
Avant de parler de la tradition qui consiste à élire l'évêque, selon les statuts de l'Archevêché des Églises russes en Europe occidentale (autrement dit l'Exarchat russe) dans l'après-guerre, je voudrais dire quelques mots sur l'héritage du Concile en général. Si l'on tente de définir ce qu'a été la contribution du Concile à l'histoire de l'orthodoxie contemporaine, les décrets du Concile sont la première chose qui vient à l'esprit. Dans les décrets, les Pères du Concile ont essayé de créer une nouvelle structure de l'Église, structure dans laquelle les voix de toutes les principales couches du peuple de Dieu — à savoir les évêques, le clergé des paroisses et les laïcs — peuvent être entendues. Cette tentative impliquait en particulier de donner aux laïcs un rôle dans le gouvernement de l'Église et de revenir à l'ancienne pratique de l'élection des évêques. …
La suite de cet article est réservée aux abonnés de la revue Contacts.