Le Concile de 1917-1918 et l'ecclésiologie d'Afanassieff

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article examine le Concile de Moscou de 1917-1918 à travers le prisme de l'ecclésiologie de Nicolas Afanassieff (1893-1966), théologien orthodoxe russe dont l'œuvre est centrée sur la nature eucharistique et conciliaire de l'Église. L'étude adopte une démarche d'analyse théologique critique, prolongeant et systématisant les jugements éparses qu'Afanassieff a portés sur cet événement. L'idée principale est que le Concile de Moscou, malgré son indéniable sursaut spirituel, présente des tensions ecclésiologiques significatives : recours au principe de représentation comme palliatif à la défaillance épiscopale, confusion entre Église autocéphale et Église locale au sens ancien, et restauration d'une fonction patriarcale marquée par une vision monarchiste du primat. L'apport de l'article réside dans la mise en dialogue systématique de l'ecclésiologie de communion d'Afanassieff avec les décisions et la méthode conciliaires de 1917-1918, offrant ainsi une grille d'évaluation théologique cohérente de ce concile majeur de l'orthodoxie russe.

Paradoxalement, pendant la période synodale de l'histoire ecclésiale russe (1721-1917), l'existence d'organes collégiaux de gouvernement de l'Église ne s'est pas révélée être un authentique témoignage de synodalité ; au contraire, ces deux siècles d'histoire ont été marqués par une importante centralisation de l'administration ecclésiastique et une déconsidération de la catholicité des diocèses. D'une part, le corporatisme épiscopal et, d'autre part, la mainmise de l'État sur l'appareil hiérarchique ont forgé alors une culture ecclésiale russe qui explique, du moins en partie, le sursaut spirituel, certes bien préparé, qu'a constitué le Concile de 1917-1918.

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