Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du théologien catholique Hervé Legrand, o.p., porte sur le Concile local de Moscou de 1917-1918 et sa signification ecclésiologique. Relevant d'une étude comparative et critique, il examine la notion de synodalité en théologie catholique et orthodoxe, en distinguant soigneusement les termes souvent confondus que sont synodalité, conciliarité et collégialité. L'idée principale est que le Concile de Moscou constitue une correction légitime et théologiquement fondée de la trajectoire imposée par Pierre le Grand, sans pour autant démocratiser l'Église au sens politique du terme. Legrand réfute les critiques des pères Afanassieff et Schmemann en montrant que le Concile a préservé l'articulation canonique entre le patriarche, les évêques et le peuple de Dieu. L'apport de l'article est double : il éclaire les fondements trinitaires communs aux ecclésiologies catholique et orthodoxe, et offre une réévaluation positive du Concile de Moscou comme modèle de synodalité institutionnellement équilibrée.
Il y a quinze ans, on m'avait demandé, en tant qu'écclésiologue catholique, de tirer les conclusions d'un colloque consacré à ce même Concile local de Moscou, dans le cadre des rencontres orthodoxes du monastère de Bose. J'ai relu les vingt-cinq pages de mon propos d'alors, publié dans la revue Irénikon en 2003 ; ceci pour ne pas trop me répéter et aussi pour ne pas empiéter sur le propos du professeur Barbara Hallensleben qui est annoncé comme devant comparer le Concile de Moscou avec celui de Vatican II. Je ferai tout de même une référence globale à ce dernier car il a relancé dans l'Église catholique une synodalité dont le pape François poursuit énergiquement la réception.