Une relecture catholique des décisions ecclésiologiques du Concile de Moscou à la lumière de Vatican II

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Barbara Hallensleben propose une relecture catholique des décisions ecclésiologiques du Concile de Moscou de 1917-1918 à la lumière des apports de Vatican II. Adoptant une approche théologique et philosophique, l'auteure mobilise notamment la pensée de Giorgio Agamben sur l'oikonomia trinitaire pour fonder une théologie du gouvernement ecclésial. L'idée centrale est que le gouvernement n'est pas un aspect secondaire de la vie de l'Église, mais l'expression sacramentelle de sa participation au règne du Christ Pantocrator. À partir de cette perspective, l'article examine les tensions entre primat et synodalité, entre fonctions délibérative et consultative des synodes, ainsi que la participation des laïcs aux instances conciliaires. L'apport théologique principal réside dans la proposition, s'appuyant sur Serge Boulgakov, d'élaborer un « dogme vécu du pouvoir » capable de fonder ecclésiologiquement la conciliarité au-delà de ses seules formes canoniques institutionnelles.

J'ai décidé de partager avec vous une perspective qui n'interroge pas simplement les orthodoxes du point de vue catholique, mais qui nous interroge tous du point de vue philosophique. Nous avons pu constater durant ce colloque qu'une ou même la question centrale du Concile de Moscou ainsi que de sa réception est la recherche d'une forme de gouvernement qui corresponde à la vocation la plus profonde de l'Église.À première vue, une interprétation de la vie de l'Église dans les catégories de « gouvernement » pourrait être considérée comme une réduction sociologique, peu appropriée au mystère du Corps du Christ. Mais déjà le deuxième regard nous avertit que le « gouvernement » se trouve au centre de la vocation de la communauté des chrétiens. Notamment dans la tradition théologique et iconographique, Jésus est représenté comme pantocrator, c'est-à-dire comme Celui qui « domine » …

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