L'orthodoxie néo-hellénique face aux défis théologiques contemporains
Théophile Abatzidis – Michel Stavrou
Si, comme l'a écrit un illustre historien dominicain, le père Marie-Dominique Chenu (1895-1990), « l'histoire de la théologie nourrit la théologie », alors tout effort réalisé pour évaluer la fécondité d'une époque offre à la théologie l'occasion d'une réflexion renouvelée en suscitant la créativité. Un tel processus risque cependant aussi de provoquer une légitime anxiété quant à son cheminement futur.
D'une certaine manière, on pourrait dire que l'anxiété est le facteur principal qui a alimenté en Grèce le renouveau de la réflexion théologique et donc de l'orthodoxie. Ce mouvement de renouveau commence dans les années soixante et il s'accorde globalement avec les défis contemporains d'ordre théologique et philosophique qui se posent alors en Europe occidentale. Il suscite des « remous dans la théologie d'après-guerre en Grèce », remous dont les lignes de forces sont aisément discernables jusqu'aujourd'hui.