Un concile inachevé

Présentation de l'article établie par la revue Contacts
Cet article examine le statut canonique et ecclésiologique du Concile panorthodoxe de Crète, tenu en 2016, en posant la question de sa légitimité en tant que concile véritablement représentatif de l'ensemble de l'orthodoxie. Relevant d'une étude théologique et ecclésiologique, le texte analyse les conditions dans lesquelles ce concile s'est tenu, notamment l'absence de plusieurs Églises orthodoxes autocéphales majeures, et interroge les critères permettant de qualifier ou non une assemblée épiscopale de panorthodoxe. L'idée centrale soutient que, malgré ses limites et son caractère inachevé, l'événement de Crète constitue néanmoins un concile réel dont les actes méritent d'être reconnus. Sur le plan théologique, l'article propose que cette réunion pourrait inaugurer une dynamique conciliaire renouvelée, susceptible de favoriser le dialogue intra-orthodoxe et œcuménique à plus long terme.

« Nul n'est une île en soi suffisante Tout homme est une parcelle de continent, une partie du tout. »

Il y a soixante ans, j'ai découvert ces vers du poète anglais John Donne, au début d'un beau livre de Thomas Merton. Pourquoi me viennent-ils spontanément à l'esprit au moment où je tente de faire un bilan du Concile orthodoxe de Crète ?

La Crète n'est pas, comme l'Utopia de Thomas More, une île virtuelle, platonique entre terre et ciel, entre histoire et éternité. La Crète se repère parmi la multitude d'îles qui peuplent la Méditerranée et forment le Mare nostrum. Est-elle devenue, à la Pentecôte 2016, l'Eutopia, lieu béni où Églises et croyants trouveraient leur unité ? Le Concile orthodoxe, réfugié insulaire au lieu de plonger dans la mégapole stambouliote, n'a pas pour autant coupé ses amarres avec le continent et le monde.

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