Lettre ouverte au père Alexandre Men
Je me décide à vous écrire, bien que cela soit contraire aux règles de l'art littéraire et en dépit des coutumes qui disent avec sagesse qu'il ne faut pas déranger les morts, sinon en priant pour eux ou en leur adressant nos prières, mais jamais en conversant familièrement avec eux. Il ne convient pas que les vivants franchissent les frontières établies pour eux, car l'on ne passe pas d'ici à là-bas. Mais il y a des choses que la langue ne peut exprimer autrement que dans une conversation de « je » à « tu ». (Là où vous vous trouvez à présent, le « vous » de politesse n'existe pas, mais comme il ne m'est pas donné de vous connaître tel que vous êtes maintenant, je m'adresse à vous comme autrefois, comme dans la vie, en souvenir du passé). …