Faire corps avec le Dieu incarné

Présentation de l'article établie par la revue Contacts
Le père Théotokis propose une méditation théologique sur la place du corps et de la matière dans le processus de déification. Contre une lecture platonisante du christianisme qui tendrait à dévaloriser le corporel, l'auteur affirme la participation essentielle de la dimension charnelle au cheminement spirituel vers Dieu. Sa réflexion accorde une attention particulière à la faculté d'imagination, qu'il présente comme le lieu privilégié où s'exerce la liberté humaine. Cette liberté, don divin, permet à l'être humain de s'orienter vers son Créateur ou de s'en détourner. L'article offre ainsi une contribution à l'anthropologie théologique orthodoxe en réhabilitant le rôle de la corporéité et de l'imagination dans l'économie du salut, soulignant que l'union à Dieu engage l'homme dans sa totalité psychosomatique.

L'apôtre Paul s'adresse, mécontent, aux Corinthiens qui buttent sur la question de la résurrection des morts : « Comment les morts se relèvent-ils ? Avec quel corps reviennent-ils ? » (1 Co 15,35). L'apôtre, quelque peu exaspéré par la perplexité des Corinthiens, répond avec la parabole magistrale de la graine et de la plante : « Insensé ! Quand tu sèmes, tu ne sèmes pas une plante entière mais une graine nue » (1 Co 15,36).

Est-ce que mourir veut dire déposer la graine de tout son être dans la terre ? Semer en d'autres termes : mourir ! Est-ce à dire espérer ? Est-ce que toute notre odyssee est une semence semée ? Notre corps mort est-il une carcasse inutile, une coque stérile ou bien serait-il une amande féconde ?

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