N° 293 – 1er trim. 2026
Liminaire
Les quarante jours de Carême qui préparent à la fête de Pâques sont une invitation à s’extraire de rythmes de vie haletants – à la fois trop remplis et bien vides – pour retrouver en soi, enfoui au plus profond, opacifié par nos préoccupations et nos inquiétudes, le désir de Dieu. Cette soif de connaître le Dieu Créateur est inhérente à notre condition d’être humain, et seule la rencontre avec le Dieu vivant est en mesure de l’étancher.
La brève méditation du père Elias Morcos qui ouvre ce volume rappelle que la connaissance de Dieu est d’abord une expérience, dont l’auteur décrit les caractéristiques en des termes simples et traditionnels. Il s’agit d’un Face-à-face personnel, unique, et en consonance avec tout le vécu de l’Église.
Le Dieu caché n’est pas inaccessible : voyant sa créature souffrir loin de sa face, Il vient la visiter jusque dans une existence éloignée de Lui, Il Se fait Lui-même créature et prend forme humaine dans le corps d’une Vierge. Saint André de Crète, l’auteur du canon pénitentiel qui constitue l’un des textes liturgiques phares du Grand Carême, glose le récit évangélique de l’Annonciation pour en dévoiler les implications. Sa plume déploie des acclamations poétiques adressées à la Mère de Dieu, qui ne sont pas sans rappeler l’Hymne acathiste, et toute son homélie, que nous sommes heureux d’offrir pour la première fois en traduction française, est centrée sur la joie de la rencontre entre Dieu et les hommes par l’entremise de la Vierge.
Nous retrouvons cette joie dans le témoignage du regretté père René Dorenlot, qui a rejoint le Père céleste en novembre dernier à l’âge de 103 ans. Sous la forme d’un dialogue, il accepte de dévoiler une forme d’autobiographie spirituelle qui l’a mené, médecin agnostique tourmenté par la question du sens de l’existence – en particulier de la souffrance –, vers la conversion et finalement le ministère ordonné orthodoxe. Là encore, la rencontre avec le Dieu Amour illumine tout un itinéraire de vie.
Ce destin singulier s’inscrit pleinement dans les grandes constantes du chemin vers Dieu que décrit le père Théotokis dans sa méditation. Insistant sur la participation du corps et de la matière dans le processus de déification, à rebours de visions trop souvent platonisantes, il met en avant la capacité d’imagination de l’être humain, faculté où s’exerce sa liberté – conférée par Dieu – d’aller vers son Créateur ou de s’en détourner.
L’étude du père Jivko Panev qui clôt ce volume nous ramène à l’ancrage terrestre des structures ecclésiales de l’Église orthodoxe en France. Analysant les chiffres de l’évolution de la présence orthodoxe en France entre 2010 et 2025, il souligne l’augmentation du nombre de lieux de cultes, de monastères et de membres du clergé, principalement liée à la forte immigration roumaine depuis l’inclusion de ce pays dans l’Union européenne en 2007. Les principaux enjeux de l’orthodoxie en France résident dans sa francisation progressive ainsi que dans l’aplanissement des tensions ecclésiologiques qui la fragmentent.
Nous souhaitons à tous nos lecteurs une montée fervente vers la célébration de la Passion du Sauveur dans laquelle viendra éclore la joie de la Résurrection.
Nous prions nos abonnés qui ne l’auraient pas fait de régler leur abonnement 2026 à la revue, de préférence en allant sur la Boutique du site internet de la revue (toutes les informations en 3e page de couverture), ce qui nous évitera de coûteux frais de relance.
Contacts
Sommaire
Liminaire
[p. 3-4]
La connaissance de Dieu
Elias Morcos
[p. 5-10]
Homélie pour l’Annonciation de notre très sainte souveraine la Mère de Dieu
Saint André de Crète
[p. 11-29]
Faire de sa vie un miroir de l’amour de Dieu pour tous
René Dorenlot
[p. 30-60]
Faire corps avec le Dieu incarné
Père Théotokis
[p. 61-76]
L’évolution de l’orthodoxie en France de 2010 à 2024 d’après les données de l’annuaire de l’AEOF
Jivko Panev
[p. 77-94]
Chronique
[p. 95-101]
Bibliographie
[p. 102-116]
