Un Dieu infiniment respectueux de la liberté de l'homme

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article d'Olivier Clément, rédigé vers 2000 et publié à titre posthume, propose une méditation théologique sur la figure du Christ telle qu'elle se dégage des Évangiles. L'approche est synthétique et contemplative : à partir d'une sélection de péricopes évangéliques, l'auteur dégage la cohérence intérieure du message christique. L'idée centrale est que Jésus ne répond pas au problème du mal par une explication métaphysique, mais en le combattant par l'amour : il restaure la dignité de la femme, accueille le pécheur, renverse les hiérarchies du pur et de l'impur, et descend jusqu'à la déréliction de la Croix. L'apport théologique réside dans la mise en lumière d'un Dieu souverainement respectueux de la liberté humaine, dont la parabole du fils prodigue constitue l'expression paradigmatique, et dont la Résurrection ouvre une voie de transfiguration pour l'humanité entière.

Jésus brise toute physique surnaturelle du pur et l'impur, du sacré et du profane, toute la hiérarchie assortie d'exclusions qui caractérise les sociétés sacrales (ou totalitaires). Il dénonce la tentation d'avoir des ennemis pour projeter sur eux son angoisse : commandement d'« aimer ses ennemis » qu'il accomplit lui-même jusque sur la Croix : « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23,34). Et certes « on peut aimer ses ennemis » quand au fond de soi, la mort, mère de la haine, est remplacée par la vie ressuscitée et qu'on n'a plus besoin de bouc-émissaires : seule rupture possible, non seulement dans la destinée individuelle mais dans l'histoire, des enchaînements de la violence et de la mort. Car « celui qui frappe par l'épée périra par l'épée » (Mt 26,52).

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