Enseignement théologique, recherche œcuménique et déplacements personnels

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article constitue le témoignage autobiographique et réflexif du père Bernard Sesboüé, s.j., théologien catholique et membre de longue date du Groupe des Dombes, sur son itinéraire œcuménique. Adoptant une démarche à la fois biographique et critique, l'auteur retrace les étapes de sa formation, de son enseignement et de sa recherche en lien avec le mouvement œcuménique, depuis le concile Vatican II jusqu'aux dialogues interconfessionnels contemporains. L'idée centrale est que l'engagement œcuménique ne constitue pas un domaine théologique séparé, mais une dimension transversale de toute la réflexion et de l'enseignement théologiques. Sur le plan de l'apport, l'article met en lumière le rôle décisif des relations interpersonnelles entre théologiens de confessions différentes, plaide pour une herméneutique dogmatique rigoureuse limitant l'inflation des définitions de foi, et souligne la continuité entre dialogue œcuménique et dialogue interreligieux comme horizon du christianisme au XXIe siècle.

Je vais essayer de répondre le plus précisément possible aux trois questions qui m'ont été posées. Mais je voudrais les introduire par quelques réflexions sur ma formation œcuménique.

Je suis né et j'ai été formé « catho. de chez catho. ». Rien ne me prédestinait à un engagement œcuménique. J'ai cependant reçu une première initiation par l'un de mes professeurs de philosophie à Chantilly au cours de ma formation de jésuite. Je me suis trouvé à Rome au moment du concile pour la préparation de ma thèse. J'ai vécu la « conversion œcuménique de l'Église » qui s'est produite, selon le mot du père Congar, en quelques jours voire en quelques heures. J'ai consonné aux enthousiasmes de l'époque – je me rappelle une conférence de Lukas Vischer au Bellarmino, notre maison d'études – ; mais cela restait encore très théorique, car je n'avais encore rencontré personnellement ni orthodoxes ni protestants.

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