Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du père Jean Roberti propose une étude historique et ecclésiologique de la présence orthodoxe en France, depuis les premières émigrations russes et grecques de l'après-Première Guerre mondiale jusqu'aux vagues migratoires serbes et roumaines des décennies récentes. Adoptant une approche analytique et critique, l'auteur retrace les étapes de l'implantation orthodoxe en France, marquée par des divisions juridictionnelles persistantes, des tensions entre communautés ethniques et des tentatives d'inculturation parfois controversées, notamment à travers l'expérience de l'Église catholique orthodoxe de France. L'article met en lumière le rayonnement théologique considérable exercé par l'émigration russe — via des penseurs comme Berdiaev, Lossky ou Afanassieff — sur la théologie chrétienne occidentale. Il souligne également les limites structurelles actuelles de l'orthodoxie française, en particulier l'absence d'une Église locale unifiée, et plaide pour une organisation canonique cohérente capable de dépasser l'éclatement juridictionnel hérité de l'histoire
Discrètement présente depuis plus de deux siècles et demi, l'Église orthodoxe ne s'est véritablement installée sur le sol français qu'après la Première Guerre mondiale. À partir de là elle demeure le lieu où les différents types d'émigrés retrouvent l'espace spirituel et culturel de leur patrie ; par ailleurs, elle témoigne, principalement de nos jours, dans le paysage religieux français, d'un christianisme autre. Marquée par une distance dans le temps et l'espace tant aux yeux des autres chrétiens qu'à ceux de nombre de ses fidèles, elle demeure une Église d'émigrés de l'extérieur (Géorgie, Grèce, Macédoine, Moyen-Orient, Moldavie, Monténégro, Roumanie, Russie, Serbie, Ukraine, etc.) puis de l'intérieur (Français de souche entrés dans la communion orthodoxe). Ce trait fondamental explique toute la complexité de son évolution.