Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du dominicain Hervé Legrand analyse la crise traversée par le dialogue catholique-orthodoxe au début des années 2000, en prenant pour point de départ la rupture des relations officielles entre Rome et le patriarcat de Moscou consécutive à la création d'une province ecclésiastique latine en Russie. Relevant d'une étude ecclésiologique et œcuménique, l'article retrace d'abord les acquis du dialogue, notamment la Déclaration de Balamand (1993), avant d'en examiner les blocages. L'idée centrale est que la crise s'explique moins par une mauvaise volonté des parties que par une asymétrie structurelle dans leurs modes de communication et de décision, ainsi que par des divergences sémantiques profondes autour de notions comme « territoire canonique », « prosélytisme » ou « information mutuelle ». L'apport théologique réside dans la démonstration que l'ecclésiologie des Églises sœurs, partagée en principe, demeure inopérante faute d'une réception institutionnelle cohérente des deux côtés
Hervé Legrand, op
Depuis cet été 2002, le dialogue entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe semble en péril et avec lui l'un des fruits spirituels les plus évidents de Vatican II. On le sent notamment au ton des échanges publics entre Rome et Moscou qui atteste de leur éloignement. Pourtant le patriarcat de Moscou fut le premier à envoyer ses délégués au IIᵉ concile du Vatican, dès le premier matin. Le dialogue de la charité entre Paul VI et le patriarche Athénagoras avait, pour sa part, abouti à la levée des anathèmes de 1054 et au geste du pape embrassant les pieds du métropolite Méliton à la Chapelle Sixtine. Ce dialogue plein de promesses s'était ensuite approfondi dans le dialogue théologique de la vérité. Il continua de progresser jusqu'à la renaissance des Églises orientales unies, lors de la chute de l'empire soviétique.