Église, nation et identités : de l'histoire de l'économie divine à l'histoire de la renaissance nationale
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Pantélis Kalaïtzidis examine la relation entre l'Église orthodoxe de Grèce et le nationalisme à travers le prisme biblique de la figure de Judas. Procédant par une étude exégétique et théologique comparative, l'auteur établit un parallèle entre le messianisme ethnico-religieux des Zélotes — dont Judas aurait partagé les conceptions — et les dérives nationalistes de l'Église grecque contemporaine. L'idée centrale est que l'identification progressive de l'Orthodoxie à l'hellénisme constitue une forme moderne de la « tentation de Judas » : la substitution d'un messianisme sécularisé, centré sur la nation et l'histoire, à la vocation eschatologique et catholique de l'Église. L'apport théologique de l'article réside dans la démonstration que le retour à une conscience eschatologique authentique — dépassant tout exclusivisme ethnique — représente la seule voie permettant à l'Église de surmonter l'hérésie de l'ethnophylétisme sans tomber dans l'écueil inverse d'un impérialisme ecclésial transnational.
Dans la théologie et le culte chrétiens, de même que dans la piété et la littérature chrétiennes, le personnage et la conduite de Judas demeurent comme l'archétype de la culpabilité et de la trahison, le « type » même du reniement et de l'apostasie : c'est le fils de la perdition. Toute référence à cet archétype a pour but d'indiquer ce qui doit rester exclu pour le fidèle qui a choisi de « s'attacher au Christ ». En de nombreux cas, la volonté – ou l'illusion – collective d'éviter toute ressemblance avec Judas et de s'en démarquer s'est exprimée par les manifestations répétées d'une populace qui cherche à châtier, à brûler et à flétrir tout ce qui pourrait évoquer ce personnage. Ces agissements contiennent inévitablement une part d'antisémitisme et d'antijudaïsme populaires mais ils nous intéressent ici dans une autre perspective. …
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