Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article d'Astérios Argyriou examine les relations historiques entre pouvoir politique et religions dans les Balkans, en prenant pour fil directeur la distinction évangélique entre ce qui appartient à César et ce qui appartient à Dieu. L'auteur adopte une approche historique et théologique, retraçant le rôle structurant de l'orthodoxie depuis la christianisation byzantine des peuples slaves jusqu'à la formation des États nationaux au XIXe siècle, en passant par la période ottomane. Il montre comment la religion orthodoxe, d'abord ciment d'une identité commune face à la domination musulmane, est devenue progressivement une orthodoxie nationale, indissociable des projets politiques balkaniques. L'apport théologique de l'article réside dans la critique de cette confusion entre religion et pouvoir séculier : l'auteur soutient que les Églises trahissent leur vocation lorsqu'elles défendent les droits d'une seule communauté au détriment des autres, au lieu de défendre la dignité universelle de tout être humain.
Je me suis souvent posé la question de savoir si le précept évangélique « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » est un précept applicable dans notre région balkanique. En fait, pour me donner une réponse à cette question, je me dois d'abord de savoir ce qui appartient à César et ce qui appartient à Dieu dans ce cas bien précis.
À une époque déjà très lointaine, le pouvoir politique byzantin, pour se soumettre les peuples slaves des Balkans, leur avait envoyé des missionnaires. Christianisés et munis d'une écriture, ceux-ci se créèrent, dans le sillage politique, religieux et culturel de l'Empire, une histoire et une culture nouvelles et se forgèrent une nouvelle conscience identitaire qui le poussera bientôt vers la création d'états, d'empires et d'Églises orthodoxes indépendants au détriment des Byzantins.