Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article présente une homélie prononcée à Hanovre en septembre 1997 par le patriarche Ignace IV d'Antioche à l'occasion de la fête de l'Exaltation de la Croix. Relevant du genre de la méditation théologique à destination d'un auditoire œcuménique, le texte développe l'articulation fondamentale entre Croix et Résurrection dans la tradition orthodoxe. L'idée centrale est que le mystère du Golgotha ne saurait être dissocié de Pâques : la mort du Christ, assumant ontologiquement toutes les souffrances humaines, se retourne en victoire de l'amour divin. L'apport théologique de l'homélie est double : elle réfute l'opposition courante entre un Occident de la Croix et un Orient de la Résurrection, et elle situe la sotériologie orthodoxe, en s'appuyant sur Maxime le Confesseur et Isaac le Syrien, hors du cadre anselmien de la satisfaction, dans une perspective de transfiguration et de vie nouvelle.
Patriarche d'Antioche et de tout l'Orient
Pères, frères et sœurs,
C'est aujourd'hui, au rite byzantin, la fête de la Croix, plus exactement, de l'Exaltation de la Croix. Laissons de côté, pour l'instant, le thème de l'exaltation. Vous en effet, mes amis catholiques et protestants, c'est surtout le mystère du Golgotha que vous avez sondé. Mais il suffit d'entendre, dans une église orthodoxe, l'office des « saintes souffrances », il suffit de contempler, dans la niche de la préparation du pain et du vin pour l'eucharistie, Jésus représenté « au comble de l'humiliation », pour comprendre que ce mystère n'est pas resté étranger à l'Orient et qu'il serait vain d'opposer un Occident de la croix et un Orient de la résurrection.