Nicolas Steinhardt et le « Journal de la Félicité »
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article d'Olivier Clément présente la vie et l'œuvre de Nicolas Steinhardt (1912-1989), écrivain et moine orthodoxe roumain, auteur du *Journal de la Félicité*, chef-d'œuvre de la littérature universelle encore inédit en français au moment de la publication. L'article adopte une approche biographique et théologique, retraçant les trois étapes du destin de Steinhardt : esthète européen cultivé, bagnard converti au christianisme orthodoxe dans les prisons communistes roumaines, puis moine-écrivain au monastère de Rohia. L'étude met en lumière la pensée théologique de Steinhardt, articulée autour de la kénose divine, de la théologie apophatique, de la joie pascale et de l'hésychasme. Elle souligne également sa vision œcuménique, forgée dans l'expérience carcérale, et son apport à une spiritualité orthodoxe ouverte, alliant résistance au totalitarisme, liberté de la personne et transfiguration du monde.
Le Journal de la Félicité, dont on attend une traduction française, constitue, a dit Nicolas Steinhardt, son testament littéraire où s'inscrit toute l'expérience de sa vie. Le manuscrit originel, écrit dans les années 70, fut confisqué par la police politique. L'auteur entreprit de le réécrire, en le développant. Toutefois, au début des années 80, il obtint la restitution du premier texte et put refondre l'ensemble, qu'il confia à son ami Virgil Ciomos, tout en faisant passer de larges extraits en Occident pour être lus à Radio Europe Libre. Après l'écroulement du régime, Ciomos publia le Journal (en l'enrichissant d'une précieuse postface). L'ouvrage obtint en 1992 le prix du meilleur livre de l'année. C'est, incontestablement, une des œuvres les plus puissantes de la littérature universelle.
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