Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article d'Olivier Clément examine la croyance en la réincarnation, largement répandue dans le contexte du Nouvel Âge, en la confrontant à la doctrine chrétienne de l'Incarnation. Adoptant une approche théologique comparative, l'auteur montre d'abord que la réincarnation telle que la conçoit l'Occident contemporain trahit ses sources asiatiques en présupposant une identité individuelle stable, notion d'origine judéo-chrétienne. Il analyse ensuite les réponses proprement chrétiennes : la résurrection des corps, la communion des saints, la prière pour les défunts et la miséricorde divine comme alternatives à la logique karmique. L'article examine également les hypothèses origénistes sur le destin de l'âme après la mort, rejetées par le cinquième concile œcuménique. L'apport principal réside dans la démonstration que la tradition orthodoxe offre des ressources spirituelles riches et nuancées pour répondre aux questions que soulève le renouveau contemporain de la croyance en la réincarnation.
La « spiritualité » diffuse qui s'exprime aujourd'hui dans l'annonce d'un « Nouvel Age » parle volontiers de réincarnation. 25 % des Français, racontent les enquêtes, croieraient en celle-ci. La conception chrétienne, ou plus particulièrement (mais le sait-on ?) augustinienne, est dénoncée comme absurde et cruelle : comment accepter que chacun joue sa destinée éternelle sur une existence si brève, ou atone ou soumise à tant de circonstances contraires, comment accepter que Dieu ait préparé pour tant d'âmes une chambre de tortures sans rémission, un Auschwitz indéfini ? On fait appel ici aux sagesses asiatiques, hindouisme et bouddhisme, qui enseignent des réincarnations successives dans la grande « roue des existences ». Ces réincarnations, nous dit-on, sont le fruit des pensées et des actes de chacun, de son Karma. …
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