Nous achevons dans ce numĂ©ro la publication des actes du Colloque Lev Gillet, qui s’est tenu en octobre 1993 Ă Paris et dans la rĂ©gion parisienne. Les trois communications que nous publions aujourd’hui concernent la pensĂ©e d’« un Moine de l’Eglise d’Orient ». Elles revĂȘtent un intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral pour situer l’Orthodoxie dans une tradition crĂ©atrice (Olivier ClĂ©ment Ă©voque le PĂšre Lev comme « un grand thĂ©ologien »), mais aussi, plus prĂ©cisĂ©ment, par rapport Ă l’Occident chrĂ©tien (Emmanuel Lanne : Le PĂšre Lev Gillet et Vladimir Soloviev, d’aprĂšs ses Ă©crits destinĂ©s à « IrĂ©nikon ») et par rapport au judaĂŻsme (Bernard Dupuy traite du PĂšre Lev Gillet et le « mystĂšre d’IsraĂ«l »).
Aujourd’hui le destin hĂ©site ; l’Europe orientale chancelante, incomprise, risque de se replier et de se durcir en transformant en fantasmes une mĂ©moire tragique ; en France mĂȘme, certains milieux de convertis font de l’orthodoxie une idĂ©ologie orgueilleuse et sotte alors que d’autres cherchent une place (profitable) dans le syncrĂ©tisme et le narcissisme du « New Age ». Il importe donc de faire mieux connaĂźtre la pensĂ©e du PĂšre Lev, c’est-Ă -dire le tĂ©moignage (sur certains points criticable, certes, appelant au dialogue) d’une Orthodoxie ouverte, intelligente, libĂ©ratrice.
