Le 11 juillet 1993, le PĂšre Sophrony est entrĂ© « dans le Silence et la LumiĂšre de l’EternitĂ© », pour reprendre une expression qui lui Ă©tait chĂšre. Il allait avoir 97 ans. Depuis 1959, il vivait en Angleterre, au monastĂšre Saint-Jean-Baptiste, en Essex, qu’il avait fondĂ© et qui Ă©tait devenu, pour nombre d’orthodoxes, de chrĂ©tiens de toutes confessions, de « chercheurs de Dieu », un lieu de pĂšlerinage et de retraite. Un lieu de fidĂ©litĂ© crĂ©atrice aussi, dans l’amour et la libertĂ©.
Fils spirituel du saint starets Silouane qu’il avait accompagnĂ© et servi Ă l’Athos et dont il a rĂ©vĂ©lĂ© au monde la personnalitĂ© et le message â « garde ton esprit en enfer mais ne dĂ©sespĂšre pas », avait-il entendu dire au Christ â, le PĂšre Sophrony laisse lui-mĂȘme un extraordinaire sillage de lumiĂšre. Aujourd’hui mĂȘme, sa spiritualitĂ© se rĂ©pand en Russie.
C’est pourquoi nous lui consacrons la majeure partie de ce numĂ©ro.
Un de ses familiers, Maxime Egger, retrace d’abord sa destinĂ©e spirituelle, le style de son rayonnement et de son activitĂ©. C’est l’Ă©tude, remarquablement documentĂ©e, qui s’intitule significativement « Moine pour le monde ». Chaque semaine, quand sa santĂ© le lui permettait, le PĂšre Sophrony donnait une causerie aux moines et aux hĂŽtes du monastĂšre. GrĂące encore Ă Maxime Egger, nous publions deux enregistrements de ces causeries, Du repentir Ă l’adoption filiale et Comment recevoir le don de l’Etre vĂ©ritable ? On pressentira une prĂ©sence Ă travers ces lignes…
Alain MoufarĂšge, un Libanais en exil â situation qui explique certaines de ses rĂ©flexions â nous donne une mĂ©ditation simple et profonde de l’Apocalypse comme histoire du salut : loin du bruit et de la fureur comme des Ă©lucubrations illuminĂ©es, l’Apocalypse nous donne la clĂ© de notre existence dans l’histoire et dans l’Eglise. Nicolas Lossky, bien connu de nos lecteurs, membre notoire et efficace de « Foi et Constitution » mais aussi musicologue et chef de chĆur, dĂ©gage les « principes thĂ©ologiques de la musique liturgique », une musique qui doit relier la parole humaine Ă la Parole divine.
Christine Chaillot, qui, depuis bien des annĂ©es, s’attache au rapprochement des orthodoxes chalcĂ©doniens et non chalcĂ©doniens (du moins ceux de ces derniers longtemps et improprement nommĂ©s « monophysites »), Ă©tablit, arguments en main, contre de tenaces lĂ©gendes, l’existence d’icĂŽnes dans l’Eglise syriaque. Etude qui ne peut que faciliter l’unification en cours de l’Ăšre antiochienne.
N.B. Tenu compte de la conjoncture actuelle, nous avons dĂ» rĂ©ajustĂ© lĂ©gĂšrement nos tarifs d’abonnement (voir page 4 de la couverture). Nous nous en excusons. Les abonnements 1994 rĂ©glĂ©s avant le 31 dĂ©cembre 1993 peuvent l’ĂȘtre Ă l’ancien tarif. Merci.
