Dans la Cathedrale : Allusion à Kafka

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du père Lev Gillet, dit le « Moine de l'Église d'Orient », publié en 1954 dans la revue cairote *La Part du Sable*, propose une lecture pastorale et théologique de l'œuvre de Franz Kafka. Prenant pour point de départ le chapitre « Dans la cathédrale » du *Procès*, l'auteur engage un dialogue spirituel fictif avec l'écrivain pragois, en réponse au prêtre kafkaïen incapable d'offrir secours ou espérance. L'étude soutient que l'œuvre de Kafka possède une signification religieuse fondamentalement positive : malgré l'échec apparent de ses héros, elle témoigne d'une quête authentique de la grâce divine. Gillet analyse les obstacles — familiaux, psychologiques, religieux — ayant retardé cette délivrance, et rapproche l'itinéraire spirituel de Kafka de la nuit obscure johannicrucienne. L'apport théologique réside dans cette relecture orthodoxe et miséricordieuse d'une œuvre littéraire moderne comme chemin vers Dieu.

« Ich habe Dich hierher rufen lassen », sagte der Geistliche, « um mit Dir zu Sprechen »

Les lecteurs de Kafka se rappellent que l'avant dernier chapitre du Procès est intitulé : Dans la Cathédrale. Joseph K. entre dans la cathédrale de la ville, déserte ; un prêtre l'invite à s'approcher et, se tenant en chaire pour donner plus d'impersonnalité à sa parole, il adresse à ce seul auditeur des considérations sur le caractère impénétrable de ce monde, la culpabilité individuelle, la mauvaise issue probable du procès en cours. Le discours du prêtre est assurément profond, mais obscur et allégorique. En somme, rien ne sort de cet entretien. K. quitte la cathédrale sans avoir reçu d'aide, sans avoir éprouvé de changement intérieur. Tel qu'il était auparavant, il marche vers sa fin horrible et toute proche.

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