Comment fut déclarée l'autocéphalie de l'Église de Grèce en 1833
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article constitue la première partie d'une étude historique et théologique consacrée à la déclaration de l'autocéphalie de l'Église de Grèce en 1833. Spyridon Galanis reconstitue le contexte de l'occupation ottomane et de la révolution de 1821, puis analyse les conditions politiques de l'arrivée du roi Othon Ier et le rôle du régent bavarois Georg Ludwig von Maurer dans la réorganisation ecclésiastique. L'étude examine en détail la pensée de l'archimandrite Théoclitos Pharmakidis, principal artisan théologique de l'autocéphalie, dont l'argumentation mêle ecclésiologie de l'Église locale, refus de tout primat visible et identification entre indépendance politique et indépendance ecclésiastique. L'apport de l'article est de mettre en lumière les fondements doctrinaux et les ambiguïtés théologiques d'une autocéphalie proclamée unilatéralement, révélant ainsi les tensions durables entre ecclésiologie orthodoxe, nationalisme et césaropapisme dans la formation des Églises nationales.
Pour aborder le problème de la déclaration de l'autocéphalie de l'Église de Grèce, il nous faut prendre en considération deux événements : le pays avait subi une occupation de quatre siècles (1453-1821), entraînant de graves conséquences; de 1821 à 1830, la lutte pour l'indépendance avait exigé d'énormes sacrifices.Dès le début de l'occupation turque, l'Église s'était trouvée dans une situation différente de celle qu'elle avait connue pendant la période byzantine. Elle était appelée à jouer le rôle non seulement de mère spirituelle, mais aussi de responsable politique, prête à défendre le peuple contre la violence et la propagande du conquérant. Le patriarche de Constantinople devint le représentant officiel des chrétiens dans les pays occupés, tandis que les métropolités étaient leurs chefs locaux. Tous essayèrent de s'organiser le mieux qu'ils pouvaient pour le peuple chrétien asservi. …
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