Liminaire


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Devant les recherches de plus en plus complexes et nuancĂ©es de la thĂ©ologie occidentale, il importe de rappeler les certitudes fondamentales de la christologie orthodoxe et de dĂ©ployer ses implications. C’est ce que fait magistralement Jean Zizioulas dans Christologie et existence. Il montre avec beaucoup de rigueur l’extrĂȘme nouveautĂ©, dans la pensĂ©e humaine, de la notion biblique de crĂ©ation (ce qu’il fait pour la pensĂ©e grecque, on pourrait le faire aujourd’hui pour les religions asiatiques) et comment la dialectique du créé et de l’incréé trouve sa solution dans le dogme de ChalcĂ©doine. La portĂ©e existentielle de ce dogme est admirablement dĂ©gagĂ©e en termes d’amour et de libertĂ© insĂ©parablement unis. Car le «sans division» de ChalcĂ©doine fonde l’amour, et le «sans mĂ©lange», la libertĂ©.

Le MĂ©tropolite Georges Khodr, dans L’humanitĂ© du Seigneur, souligne, dans la mĂȘme perspective, le conditionnement mutuel de la «kĂ©nose» et de la «dĂ©ification». De mĂȘme Olivier ClĂ©ment dans sa mĂ©ditation sur le mystĂšre pascal.

On trouvera ensuite une Ă©tude documentĂ©e de Marcel Pirard-Angistriou sur Le chant liturgique orthodoxe entre la polyphonie et la monophonie. L’attention de l’auteur se porte surtout sur la monodie byzantine. Les indications qu’il donne sont indispensables au moment oĂč plusieurs paroisses, en Europe comme en AmĂ©rique, sont amenĂ©es Ă  cĂ©lĂ©brer la liturgie byzantine en diverses langues occidentales, au moment aussi oĂč la redĂ©couverte de l’icĂŽne dans toute sa signification thĂ©ologique et contemplative exige une dĂ©marche analogue dans le domaine du chant liturgique.

Enfin Panos Liliatsis réfléchit sur le rayonnement actuel du Mont Athos, dont le rÎle ne cesse de grandir dans le courant «néo-orthodoxe» en GrÚce.

Nous aurions souhaitĂ© Ă©voquer la figure et l’Ɠuvre du PĂšre Alexandre Schmemann, dont la mort prĂ©maturĂ©e est une dure perte pour l’Eglise orthodoxe toute entiĂšre. La nĂ©cessitĂ© oĂč nous nous sommes trouvĂ©s, aprĂšs le volumineux numĂ©ro consacrĂ© au CongrĂšs de Gand, de rĂ©duire momentanĂ©ment le nombre de nos pages ne nous l’a pas permis. Nous tĂącherons de le faire dans une de nos prochaines livraisons. Nous renvoyons pour l’instant nos lecteurs au numĂ©ro spĂ©cial que le Messager orthodoxe consacre Ă  ce grand thĂ©ologien.