Dan-Illie Ciobotea, dans une longue et dense rĂ©flexion thĂ©ologique, et Olivier ClĂ©ment, dans une brĂšve Ă©tude d’exĂ©gĂšse, rappellent comment, d’un point de vue orthodoxe, le Christ est «la vie du monde», puisque tel est le thĂšme choisi par le Conseil OecumĂ©nique des Eglises pour sa sixiĂšme AssemblĂ©e. Sur la croix, la vie mĂȘme de Dieu, sa lumiĂšre, atteignent l’homme dans sa plus grande dĂ©rĂ©liction. DĂ©sormais l’homme-en-Christ â et le Corps ecclĂ©sial du Christ est le lieu d’une PentecĂŽte perpĂ©tuelle â retrouve sa vocation de crĂ©ateur créé, dans le mouvement d’une eschatologie active.
Le PĂšre Michel Evdomikov traduit et annote les Fragments d’Ivan KirĂ©ievsky, avec Komiakov le principal penseur religieux de la Russie dans la premiĂšre moitiĂ© du 19á” siĂšcle. On trouvera d’abord dans ce texte une vision passablement mythique de l’histoire russe, vision qui semble reprĂ©senter une constante dans la conception que se fait d’elle-mĂȘme l’autre Europe, l’Europe hellĂ©nique et orthodoxe (il suffit de penser au mythe de Byzance dans l’Orthodoxie grecque contemporaine), et dont il faudra bien faire un jour une sorte de psychanalyse historique, avec plus de respect, de nuances, d’intuition spirituelle qu’un Alain Besançon. Car la seconde partie de ces Fragments prĂ©sente l’Ă©bauche d’une philosophie inspirĂ©e par l’expĂ©rience spirituelle, dans une perspective patristique et philocalique. Ici en effet la philosophie n’est pas conçue comme un prĂ©alable pour approcher la rĂ©vĂ©lation, mais comme l’expression d’une intelligence unie au noĂ»s Christou, mĂ©tamorphosĂ©e par la rĂ©vĂ©lation. Cette tentative, que devaient reprendre les philosophes religieux russes, n’a pas encore abouti et reste notre tĂąche. Dans cette perspective, le texte de KirĂ©ievsky est Ă©tonnamment suggestif.
Dominique Cerbelaud dans L’Ă©volution de la «lĂ©gende d’Agbar» et les origines de l’iconographie chrĂ©tienne clarifie le problĂšme du cĂ©lĂšbre mandillon sur lequel le Christ aurait imprimĂ© son visage, version tardive d’une lĂ©gende qui en a connu d’abord quelques autres et dont le noyau de vĂ©ritĂ© semble le suaire aujourd’hui Ă Turin et longtemps cachĂ© Ă Edesse.
Dans les chroniques, nous prĂ©sentons la thĂšse importante que vient de soutenir Marie SĂ©mon, fille de Vladimir Lossky, sur Les femmes dans l’Ćuvre de LĂ©on TolstoĂŻ, et nous publions la communication de Mgr. Kallistos (Ware) sur L’unitĂ© dans la diversitĂ©, la vocation orthodoxe en Europe occidentale. Premier Ă©vĂȘque orthodoxe d’origine anglaise, Mgr. Kallistos enseigne Ă Oxford l’histoire et la thĂ©ologie de l’Eglise orthodoxe. EvĂȘque auxiliaire de l’ArchevĂȘchĂ© grec de Grande Bretagne, il est chargĂ© de promouvoir la pastorale de langue anglaise au sein de ce diocĂšse. Il fait partie de la commission thĂ©ologique mixte anglicane-orthodoxe. C’est l’un des animateurs de la FraternitĂ© orthodoxe en Grande Bretagne et en Europe occidentale.
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