Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Dominique Cerbelaud retrace l'évolution de la légende d'Abgar, récit selon lequel le roi syrien Abgar V aurait entretenu une correspondance avec Jésus et reçu de lui une image miraculeuse. Par une étude historique et critique des sources — grecques, syriaques, arméniennes, éthiopiennes et latines —, l'auteur reconstitue les strates successives de cette tradition : la simple correspondance rapportée par Eusèbe de Césarée, la bénédiction d'Édesse, puis l'apparition d'un portrait peint, et enfin, à partir de 544, celle d'une image « non faite de main d'homme ». L'apport principal de l'article est de montrer que cette dernière tradition, l'acheiropoïète, est postérieure aux autres couches légendaires et pourrait s'identifier au Suaire de Turin, longtemps conservé à Édesse. Cette identification confèrerait au Suaire le statut d'origine historique de l'iconographie chrétienne, confirmant ainsi le fondement incarnationnel du dogme nicéen sur les icônes.
Le regain d'intérêt pour l'icône dans le christianisme occidental contemporain, loin d'être un épiphénomène ou une «vogue» pourrait bien constituer l'un des éléments majeurs d'un retour à la «tradition indivise» dont on note ça et là d'autres indices.Il est vrai que la tradition iconographique s'est à peu près perdue en Occident, et que c'est aujourd'hui par la médiation de l'Eglise d'Orient que s'opèrent les retrouvailles avec l'icône. Mais cette redécouverte est l'occasion d'une meilleure compréhension de certains de ses aspects. C'est ainsi que la question de son «origine non-humaine» a été de nouveau évoquée. Historiquement, cette origine non-humaine était en effet exprimée dans la «légende d'Abgar». Selon cette légende, le roi syrien Abgar, ayant entendu parler de Jésus, voulut le voir. …