L'Évangile de la paix

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Jean Besse examine la paix intérieure comme don central de la vie chrétienne, en s'appuyant sur une large tradition patristique et ascétique. L'approche est celle d'une méditation théologique nourrie de sources scripturaires, patristiques et spirituelles, allant d'Hermas et Clément d'Alexandrie à Cassien, Laurent Scupoli et saint Séraphin de Sarov. L'idée principale est que la paix de l'âme — distincte de toute quiétude passive — constitue le fruit du repentir, de l'eucharistie et de l'ascèse, et qu'elle s'accomplit dans la joie et la sagesse évangéliques. L'article montre que cette paix, loin d'être repli sur soi, rayonne vers autrui et porte en elle une dimension sociale et ecclésiale, esquissant les fondements d'une « civilisation de l'amour ». Son apport réside dans la mise en lumière d'une doctrine patristique trop négligée, susceptible de répondre aux inquiétudes spirituelles des chrétiens contemporains.

La Bonne Nouvelle du salut est d'abord le don de la paix (Eph. 6: 15), fruit du repentir et source de la joie. Paix, sérénité, allégresse intime de l'âme, sont trois notes essentielles de la vie en Christ. C'est si vrai que le Seigneur lui-même, la veille de sa Passion, en fit le cœur de son enseignement et les légua solennellement à ses disciples: «C'est la paix que je vous laisse en héritage, c'est Ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne» (Jn 14: 27). Avant de prononcer la prière sacerdotale, au terme de ses adieux, il insista encore: «Je vous ai dit ces choses, pour qu'en moi vous ayez la paix» (Jn 16: 33). C'est dire l'importance primordiale de la paix intérieure dans l'ascèse chrétienne. Cette paix n'est pas un sommeil des énergies spirituelles. …

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