Le Concile de Constantinople de 879-880 — III. La question du «Filioque»
L'importance que les historiens accordent généralement au « schisme de Photius » ne tient pas à sa durée, qui fut très courte (la rupture de communion entre Rome et Constantinople ne dura guère plus de cinq ans), mais bien au fait que cette querelle constitue comme une « répétition générale » du schisme qui allait bientôt séparer de manière définitive l'Orient et l'Occident. Derrière les questions de personnes et les diversités liturgiques et disciplinaires se profilent en effet déjà nettement deux problèmes-clés, dont la gravité ne cessera désormais de s'accroître et qui fixeront finalement la rupture à l'état stable : le Filioque et la primauté romaine. Le concile de Constantinople de 879-880 a-t-il pris conscience de l'importance de ces problèmes ? A-t-il tenté de surmonter ces différents et de prendre des garanties pour l'avenir ? Ou s'est-il borné à un replâtrage superficiel et fragile ? …
