Notes sur le Grand Canon de S. André de Crète (suite et fin)

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article constitue la conclusion des notes d'Olivier Clément sur le Grand Canon de saint André de Crète, hymne pénitentiel byzantin du VIIe siècle chanté durant le Grand Carême orthodoxe. Procédant par une méditation théologique et spirituelle, l'auteur analyse les derniers chapitres du Canon en suivant le mouvement ascendant qui conduit de la pénitence à la vie transfigurée. L'idée centrale est que la « descente » du Christ dans la mort et l'enfer correspond symétriquement à la « montée » de l'homme vers Dieu, rendue possible par les énergies divines agissant sur les énergies humaines. L'article examine successivement la confiance et l'humilité, l'ascèse — notamment le jeûne dans ses dimensions corporelle, spirituelle et sociale —, le don des larmes, les vertus, la contemplation et la transfiguration du cosmos. Son apport théologique réside dans l'articulation entre anthropologie patristique, sotériologie et eschatologie, éclairée par une lecture typologique des figures bibliques et évangéliques convoquées par André de Crète.

« Ne t'enferme pas dans le désespoir, ô mon âme./ Sois l'émule de la Cananéenne : / tu connais sa grande foi / (...) Comme elle, du fond du cœur, appelle : / Christ, Fils de David, sauve-moi » (9 o, 3 c, 20 t) *. Plus il s'enfonce volontairement dans la mort et l'enfer, plus le pénitent y rencontre le Christ. « De tout mon cœur j'ai crié vers toi. Dieu compatissant,/ j'ai crié du fond de l'enfer / et tu m'as entendu : tu libères ma vie de l'abîme » (6 o, hirmos). On songe à la parole du Christ entendue par le starets Silouane : « Garde ton esprit en enfer et ne désespère pas » (Archimandrite Sophrony. Starets Silouane, tr. fr. Paris-Sisteron, 1973, pp. 202-206). …

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