Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Charité Saint-Servais propose une méditation théologique sur le désespoir, prenant pour point de départ le cri du Christ en croix — « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » — et les divergences entre les récits évangéliques de la Passion. L'auteure examine la nature du désespoir à travers des exemples littéraires, notamment Racine et Baudelaire, pour en dégager les traits essentiels : absence de révolte, résignation, paix sordide. L'apport théologique central réside dans l'articulation entre désespoir et intercession : porter la croix d'autrui, à l'image de Simon de Cyrène, constitue une forme réelle de participation à la Rédemption. L'article défend ainsi une théologie de la solidarité spirituelle où la Charité, comprise comme amour fou et sans mesure, répond à tout désespoir humain, y compris celui vécu par procuration pour un autre.
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? — S'il est un cri de désespoir jamais poussé par un homme, c'est celui-là: s'il est le cri de désespoir d'un Dieu, que reste-t-il à l'homme et sur quoi s'appuie-t-il? On peut accepter ou refuser un testament, mais on ne peut y choisir ce qui vous plaît et ignorer le reste; de même, on ne peut mettre à part ce qui est gênant dans l'Évangile, ce qui angoisse ou embarrasse. Il faut renoncer à l'héritage ou l'accepter entièrement. Mais cela veut-il dire qu'il faille comprendre le testateur? Et qui pourrait affirmer connaître le Christ dans son Incarnation? Les disciples, ses amis personnels l'ont vu à leur manière et l'ont connu jusqu'à un certain point seulement. …